• Les pots à feu

     

    Au fond de la cour de Marbre, la frise décorative située à la crête du toit est constituée de motifs alternés : couronne, sceptre, main de justice et lambrequin à masque d'Apollon ; corbeille de fleurs et masque de satyre ; enroulements, guirlandes et têtes de griffon. Tous ces reliefs en métal estampé et découpé à jour ont été réalisés par François Girardon et Jean-Baptiste Tuby en 1680 et 1681. Depuis, ils ont perdu leur dorure et certains de leurs emblèmes royaux, détruits à la Révolution, n’ont pas été restitués. En outre, l’alternance des motifs a été modifiée lorsque, en 1858, l’architecte Questel déplaça la crête en arrière d’un mètre à la suite d’une réfection du comble.
    Dans le cadre du "Grand Versailles", il est prévu de remettre cette frise décorative à son emplacement d’origine, d’en replacer les motifs et d’en redorer les ornements comme ils l’étaient dans leur premier état.

     

     

     

     

     

     


    Parmi les ornements de la cour de Marbre et de la Cour royale, cinquante-huit pots à feu d’environ 1,40 m. de haut ornent la balustrade. En 1679-1680, lors de leur création, il ne s’agissait pas de pots à feu puisque le motif qui sortait de ces vases de forme Médicis n’était pas une flamme mais une fleur de lys ainsi qu’en témoigne un dessin ancien. C’est en 1814 que les fleurs de lys, ayant été détruites à la Révolution, ont été ainsi remplacées par erreur. Ces vases sont de deux modèles : quarante-six ont la panse ornée de têtes de bélier et douze de têtes de lions.

     

     

     

    Les statuts

    Sur la balustrade qui court autour de la cour de Marbre et de la Cour royale, dix-huit statues en ronde-bosse d’environ 2 m. de haut symbolisent les quatorze vertus royales et les quatre parties du monde, puisque la gloire du Roi se doit de résonner dans tout l'univers. Pour les parties du monde, la paire de l'Asie et de l'Europe côté nord répond à celle de l'Afrique et de l'Amérique côté sud. Alors que l’Asie et l’Europe sont des copies, l’Afrique, d’Etienne Le Hongre, et l’Amérique, de Thomas Regnaudin, sont encore celles qui ont été placées là en 1679. En pierre de Tonnerre, elles figurent toutes deux des femmes assises : l’Afrique, coiffée d'un masque d'éléphant, s'appuie sur une amphore et écrase de son pied une tête de lion ; l’Amérique, coiffée et ceinturée de plumes et dont l’un des pieds repose sur la tête d'un crocodile, s’appuyait sur un arc à ce jour disparu.
    Dans le cadre de la restauration générale des façades côté cours prévue par le "Grand Versailles", une restauration in situ de l’ensemble de ces sculptures doit avoir lieu. Celle-ci consistera en des consolidations, des ragréages au ciment, des restitutions de manques ou des remplacements en pierre de Saint-Leu.

     

     

     

     

     


     

    L'historique et la restitution de la grille royale

     

    Sous l’Ancien Régime, deux grilles précédaient le château. La première, dite Grille d’honneur, n’a pas bougé depuis 1682 ; la seconde, qui clôturait la Cour royale entre les deux pavillons à colonnade du Corps Central et qui fut détruite à la Révolution, va être prochainement restituée. Dressée par Le Vau dans les années 1662-1664 puis remaniée sur ses plans en 1670-1671, cette grille fut prolongée jusqu’aux ailes du Midi et du Nord sous la direction d’Hardouin-Mansart entre 1679 et 1682. Dans ce dernier état, elle était l’œuvre de Luchet, Marie, Godignon et Belin, les meilleurs ferronniers d’alors. Dorée en plein et scandée de riches pilastres, elle s’ouvrait par deux portails sur les deux cours latérales (cours des Princes et de la Chapelle), se prolongeait entre les colonnes des pavillons d’extrémité des ailes latérales (aujourd’hui remplacés par les pavillons Dufour et Gabriel) puis s’incurvait en quart de cercle sur la cour d’Honneur jusqu’à deux guérites en pierre servant alors de corps de garde pour les sentinelles. Entre ces deux guérites, qui supportaient les groupes sculptés de L’Abondance par Coysevox et de La Paix par Tuby, la grille redevenait droite et ouvrait sur la Cour royale par une porte monumentale sommée d’un fronton décoré des trois fleurs de lys et de la couronne royale des armes de France. Cette porte avait une grande importance dans l’organisation spatiale du château. En effet, seuls les cavaliers, chaises à porteurs et carrosses gratifiés des "honneurs du Louvre", c’est-à-dire autorisés à entrer dans la cour du logis du Roi, pouvaient la franchir. En dépit des conséquences induites par la construction de l’aile et du pavillon Gabriel en 1771 qui entraîna la suppression de la partie fermant la cour de la Chapelle, la Grille royale resta en place jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Devenue un symbole inutile avec la Révolution, elle est supprimée en 1793 et la Cour royale rebaptisée "cour des arts et des sciences". En 1836, à l’exact emplacement de sa porte centrale, Louis-Philippe fait ériger la statue équestre de Louis XIV. L’année suivante, les sculptures de Coysevox et de Tuby, épargnées par la Révolution car sans attribut royal, retrouvent une place au niveau des plates-formes des rampes de l’Avant-cour.

     

     

    Prévu dans le cadre du schéma directeur, le rétablissement de la Grille royale va permettre de refermer l’espace de la Cour royale entre les pavillons Dufour et Gabriel. Non seulement on reviendra ainsi à un état historique apte à protéger la zone la plus sensible du château, mais on facilitera également la réorganisation de l’accueil du public dans cet espace qui constituera un vaste vestibule à ciel ouvert à partir duquel s’organiseront les départs vers les différents circuits de visite.
    La restitution s’appuie tant sur une riche documentation iconographique (peintures, gravures, dessins) que sur des relevés aux cotes précises et des sondages archéologiques. Ils ont permis de recomposer la totalité des ouvrages courants et des ornements décoratifs de la grille, tant pour la ferronnerie que pour la maçonnerie. Une fois restituée en atelier et dorée en plein, cette belle enceinte disparue à la Révolution reprendra sa place dans la Cour.
    La statue équestre de Louis XIV, se trouvant à l’exact emplacement de la porte centrale de la grille, a déjà été démontée puis déplacée. Le rétablissement du niveau d’origine de la Cour royale et la réfection du pavage à faire avant son installation sont en cours. Restera, après sa mise en place effective, à déplacer les deux groupes sculptés de La Paix par Tuby et de L'Abondance par Coysevox - actuellement au niveau des plates-formes des rampes de l’Avant-cour - en amortissement des guérites en pierre, de part et d’autre de la porte centrale de la grille.
    Comme la Grille d’honneur, la Grille royale bénéficiera d’un éclairage nocturne grâce à des projecteurs encastrés dans les pavages et disposés au niveau des toitures des pavillons Dufour et Gabriel.


     


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  • Présentation architecturale et artistique 

     

    Le château de Versailles constitue un témoin exceptionnel de l'art français aux XVIIe et XVIIIe siècle. L'architecture reprend les canons du classicisme : la symétrie du plan, les façades à colonnades, l'inspiration antique ou mythologique dans le choix des sujets sculptés. Quelques touches baroques apportent un peu de fantaisie à cette rigueur classique.

    L'implantation de ce monumental ensemble architectural crée une barrière entre la ville et le domaine. Selon le souhait de Le Nôtre, afin de ménager ses effets, on ne devait rien voir de la ville depuis les jardins et rien deviner des jardins depuis la ville.

    Le château reste attaché à la figure de Louis XIV (1638-1715) mais ce fait ne doit pas occulter que sa construction et ses aménagements dépassent largement le cadre du règne du Roi-Soleil.
    Le cœur du château est formé par l'édifice primitif qui remonte au temps de Louis XIII, le père de Louis XIV. Il tranche avec les autres parties par ses murs bicolores (brique et pierre) et son haut toit d'ardoises.
    Ce « château vieux » est en partie enveloppé dans une construction plus récente, édifiée par l'architecte Le Vau sur l'ordre de Louis XIV en 1668. Côté jardins, cette partie présente une façade à l'ordonnance classique à trois étages. Le deuxième niveau (occupé par la galerie des Glaces) est éclairé par de hautes fenêtres encadrées par des colonnes engagées ou des pilastres. Des pilastres que l'on retrouve au dernier étage, de hauteur moindre. Au sommet du bâtiment, une balustrade cache le toit très aplati (toit à la Mansart).
    Le « château vieux » et le « château neuf » forment un plan grossièrement en U. Deux longues ailes prolongent au nord et au sud ce premier ensemble. Construites par un autre architecte, Jules Hardouin-Mansart, elles reprennent pourtant les grandes lignes de l'enveloppe de Le Vau.

    L'intérieur du château est notamment occupé par les grands appartements. Ceux-ci comprennent le grand appartement du roi, l'appartement de la reine et la galerie des Glaces. Les appartements correspondent à des enfilades de salons magnifiquement décorés jusqu'aux plafonds par les artisans de Charles Le Brun.
    Longue de 73m, la galerie des Glaces se veut la salle la plus majestueuse du château. Elle s'ouvre d'un côté sur le jardin tandis que l'autre est couvert de 17 panneaux de miroirs.
    Aux grands appartements répondent les petits appartements. C'est dans cette partie que se trouve la chambre du roi, tapissée de brocart et ornée de boiseries dorées. On y trouve aussi les cabinets, des pièces plus intimes que les grandes salles d'apparat. Louis XV y conviait à souper ses proches et Louis XVI y installa sa petite forge de serrurier. Les appartements ne sont pas toujours dans leur configuration d'origine, c'est-à-dire du temps de Louis XIV. L'appartement de la reine se présente par exemple dans son état de 1787 quand Marie-Antoinette l'habitait.

    En plus de ces bâtiments résidentiels, le château est complété par la chapelle et l'opéra. Dans la chapelle, élevée entre 1689 et 1710, les rois assistaient à la messe quotidienne. L'opéra, inauguré en 1770, est l'un des derniers édifices construits du château.


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